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Ralentir

August 29, 2017

 

Sans doute est-ce ce qui, en quelque sorte, nous surprend et nous attire irrésistiblement
dans les oeuvres d’Unzi Kim, une certaine lenteur qui nous fait à la fois désirer que cela aille
encore plus lentement, afin que nous puissions encore mieux voir ce qu’il nous montre, et que
cela s’arrête, tant cette lenteur exacerbe notre désir de saisir et d’arrêter le temps !
Cette tentation de la lenteur trouve son origine et sa source dans une expérience vécue singulière.
Un jour, pas très loin de lui, il y eut une explosion. Le danger, immédiatement perçu
il a certes réagit pour se sauver, mais comme souvent dans ces moments de stress maximal
imprévu, quelque chose d’autre a eu lieu.

Ce fut un ralentissement violent de toutes ses perceptions.
Cela s’est doublé d’un accroissement de la précision de ses perceptions.
En d’autres termes, une sorte de caméra à mille images secondes et à ralentisseur extrêmement
puissant s’est mise en marche à l’intérieur de lui.

Ce qu’il a perçu alors, ce furent ces micro- événements auxquels en général
nous ne prêtons pas attention et, outre les percevoir, il s’en est souvenu.
C’est comme pour prolonger cette sensation mêlant angoisse folle et attention salvatrice
qu’il poursuit inlassablement sa quête d’un ralentissement général par l’image de nos
perceptions visuelles.
Ce qu’une telle expérience entraîne à sa suite, c’est une mutation complète du système
de valeurs sur lesquelles sont fondés nos jugements.
En intitulant Be ing cette installation vidéo à quatre faces (montrant, prise des quatre côtés
simultanément, une femme en train de flotter dans un aquarium vertical rempli d’eau
et de lait), il souligne combien l’enjeu est pour lui important : être, c’est être bien; et
être bien, c’est percevoir ce qui fait que l’on existe, c’est-à-dire vivre pleinement l’instant
infini qui nous retient dans le monde.
Ce que cette femme nous donne (à voir à travers l’apparition et la disparition permanente
et simultanée de parties de son corps)
et ce qui constitue l’enjeu de cette oeuvre, c’est précisément de parvenir à rendre
sensible pour chacun de nous la continuité secrète qui anime la réalité du vivant.
L’expérience du danger et du stress maximal instantané a ouvert la porte à cette
connaissance de l’au-delà de la perception habituelle ; non pas l’au-delà de la mort,
mais bien celui de la saisie de la vie comme respiration continue.
Dans une oeuvre mettant en scène le masque d’une personne et l’image de cette personne
projetée sur son propre masque en plastique transparent — le visage étant animé de mouvements
des yeux, au point que l’on a l’impression comme avec La Joconde qu’ils nous
suivent quand on se déplace — Unzi Kim atteint à une dimension de réalité qui, d’une
certaine façon, excède la réalité. Le double qui nous fait face est lui-même dédoublé : il
est masque et image. Le regarder, c’est voir tous nos réflexes vaciller. Car, nous savons
et percevons alors que nous regardons, que nous ignorons qui et ce que nous sommes et
que, pour y parvenir, à l’évidence, il va nous falloir ralentir. ■Jean-Louis Poitevin

dans le catalogue de l’ exposition [Magiciens du ciel]

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